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    Accueil          Salamou alikoumou, j'ai décidé après réflexion, de faire de ce blog une plateforme, une piste qui servira à aider les enseignants en général et ceux qui enseignent les langues étrangères en particulier. Étant moi même enseignant, ayant à mon actif la bagatelle de ... 36 ans de tabachir (craie), j'ai  décidé donc de mettre à profit cette expérience. Inchallah rabi nous aidera. Je ne sais pas si ce que j'écris ici sera lu un jour  ou non mais j'écris quand même.  J’essaie de faire un effort pour que se soit utile et utilisable

      

    Bienvenue

      

    مرحبــا أهلا وسهــلا                   

     Soyez les bienvenus                  

     

          Le métier d’enseignant est sans doute l’un des plus beaux et nobles métiers du monde. Qu’est ce qu’il y a de plus beau et de plus noble que d’apprendre quelque chose à quelqu’un ? De forger sa personnalité ? Et peut être aussi son avenir ? De lui apprendre à apprendre ? De l’aider ? De le guider vers la vie, vers l’espoir aussi ? Le délivrer de l’ignorance ? De le former, l’informer et le transformer ?

           

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      source: https://www.facebook.com/EnseignantsDeFrancaisLanguesEtrangereEnAlgerie/

    Voilà une photo qui m'a vraiment impressionné, elle parle donc no comment.

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  •           Nous étions à table, un samedi, alors ma petite fille de six ans demande à sa mère :

      - Maman, nous passons cette nuit ici, chez mama Mida, sa grand mère.

      - Non, ma chérie, demain, tu vas à l'école.

    Alors et à la surprise de tout le monde, Malak, c'est son prénom, répond:

       - L'école ça sert à quoi?

    Tout le monde se tait. Personne ne sait quoi dire. Sa mère se mit alors à vanter l'école.

      - Étudier c'est une très bonne chose, tu peux devenir médecin ou ingénieur,  tu gagneras bien ta vie, tu deviendras riche et puis tout le monde te respectera.

     - Maman, tu m'as dis que mon oncle Mahmoud a terminé ses études ?

    - Oui, lui dit sa mère.

    - Il ne travaille pas et il n'est pas riche.

        Sa mère, dont la patience n'était pas son fort, se sentit dos au mur, se mit en colère et lui cria de manger et de se taire.

       Personne ne dit rien. Mais Malak n'a pas baissé les bras, laissons la colère de sa maman passée elle revint à la charge :

       - Jedou, grand père, tu as été moualem, enseignant, à quoi sert l'école?

      - Bon, tu vois, je viens de recevoir un message dans mon mobile, qui va me le lire, dis moi ? Regarde la facture de l'électricité, c'est la mienne ? Comment je le sais ? puis dis moi, tu m'as bien dit un jour que tu veux devenir une cuisinière n'est ce pas ?

     - Pas une cuisinière, une grande et bonne cuisinière.

      - Comment tu vas lire les recettes ? Et un jour, tu vas en écrire ? Comment tu vas faire ?

      - Ma maman m'aidera.

       - Oui, c'est sur, mais combien de temps ? L'école t'aide à devenir indépendante et libre.

       - Libre ?

      - Oui , libre, quand tu apprendras à lire et à écrire, tu n'auras besoin de personne pour te lire un message, d'écrire à ta place tes recettes de cuisine, ni te remplir un chèque. Et plus tard, quand tu seras une grande dame, tu auras acquis, grâce à l'école, des connaissances et un diplôme qui peuvent te faire vivre sans avoir besoin d’être dépendante de quelqu'un.

     - Jedou , toi tu as été moualem tu m'apprendras à lire et à écrire ?

    - Bien sur.

      - Donc à quoi sert l'école?


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     Ma mère, rabi yarhamha, était une personne hors du commun. Elle était bien bâtie, robuste, la personne qui a travaillé toute sa vie dans des conditions pas toujours bonnes. Elle n'arrêtait pas de bouger, elle était partout, elle gérait notre maison malgré les difficultés de tout genre. 

         Elle nous suivait dans nos études moi et mon frère d'une manière impeccable sans pour cela nous dérangeait. Elle était avec nous, à l'école publique et à l'école coranique. Chaque après midi, elle nous accueillait avec le sourire. Elle nous servait notre gouter et nous demandait si on a bien travaillé à l'école. Puis, elle nous laissait jouer jusqu'à 17h 30. Le soir, elle nous demandait de faire nos devoirs, d'apprendre nos leçons. Quand on a fini, on lui montrait le travail et on récitait soit la récitation soit une sourate du Coran et si l'un de nous deux hésite, elle lui demandait de recommencer. Elle était intraitable quant à nos études. Quand mon frère lui demandait de lui expliquer un point qu'il n'a pas compris, elle le dirigeait vers moi. Elle nous inculquait l'importance du savoir. Elle n'a jamais failli, ni faibli, elle nous suivait pas à pas. Grâce à son savoir faire, nous avons appris beaucoup de choses et beaucoup de Sourates du Coran.

           Ce n'est que des années plus tard, en 3ème année du collège, que j'ai compris que ma mère était analphabète.

             Comment te remercier ma mère toi qui te privais pour nous, toi qui a fait de nous ce que nous sommes sans contre partie, aucune ? Qu'Allah te récompense. 

            Alors les parents qu'en dites vous?


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  •             Il y a quelques jours j'ai rencontré un ancien collègue, lui aussi en retraite. Nous avons discuté pendant une heure de l'enseignement et surtout des jeunes d'aujourd'hui. Il (l'ami) avait la nostalgie du passé et des  «beaux jours» au point où tous les jeunes ne peuvent nous égaler. Ce qui a déclenché le dialogue suivant.

    - Nous étions meilleurs que les jeunes d'aujourd'hui, me lance - t - il.

    - En quoi nous étions meilleurs, demandé-je?

    - En tout, me répond -il d'un air quelque peu blasé. Nous étions respectés et respectueux, nous étions bien élevés, nous faisions beaucoup d'efforts pour réussir. Bref, nous sommes différents d'eux.

    - Différents? Personnellement je ne crois pas que nous sommes différents. Je me souviens quand j'étais élève, parmi nous, il y avait les bons, les mauvais, les violents, les tricheurs, des intelligents et des nuls et j'en passe tout comme la génération d'aujourd'hui. Ensuite, quand j'ai commencé à enseigner, j'ai été pendant plusieurs années à coté de la plaque car on ne peut pas posséder de l'expérience d'un métier qu'on vient juste de commencer.

     - Oui, c'est vrai ce que tu dis là mais les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas responsables et sont aussi moins murs que nous et ce n'est pas seulement moi qui le dit.

     - De nombreuses personnes le pensent. Mais est ce qu'ils sont eux -mêmes ( ces gens) responsables? Les jeunes d'aujourd'hui ont beaucoup de difficultés car ils sont obligés de choisir dans différentes situations; je parle surtout des études. Le fait de prendre la décision qu'il faut au moment qu'il faut n'est il pas une preuve de maturité et de responsabilité? 

       Mon ami commence à perdre son calme. Il m'arrête et me lance:

    - C'est les parents qui prennent les décisions.

        Les parents conseillent leurs enfants, les assistent, les aident mais ne prennent jamais de décision à leur place quant à leur avenir. 

           Pour finir, je dirai que ce qui fait véritablement la différence ce sont les moyens ( téléphone mobile, internet...) et la mentalité des jeunes car la notre, hélas, est restée figée, et elle régresse.

     

       


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  •        Pour mieux illustrer ce que je veux dire, je vais raconter une anecdote qui m'est arrivée dans ma carrière d'enseignant.

           J'avais une classe de 1ère année secondaire et on avait dans le programme le portrait. Nous étions en pleine description d'un personnage. On était pratiquement absorbé par ce que nous faisions. C'était, bien entendu, une séance d'expression écrite (orale aussi). Les élèves étaient très actifs, ils recherchaient des qualifiants. Il régnait une atmosphère où tout le monde était à l'aise. 

           Alors comme jailli du fond d'un puits, une voix rauque s'éleva « argus, monsieur». Un grand gaillard du fond de la classe a lancé ce mot. Je lui ai demandé de répéter, il s'exécuta. Je lui ai demandé le sens alors il murmura quelque chose d'incompréhensible.

     - Qu'est ce que tu racontes, je n'ai jamais entendu ce terme donc il n'existe pas. Avais - je riposté.

           Le lendemain, un dictionnaire était posé sur la 1ère table, bien visible et où le mot argus était encadré en rouge.

           Je me suis donc rendu compte que j'avais fait une grosse bêtise. J'ai compris aussi que j'étais loin d'être le détenteur du savoir. Depuis, cet événement m'a marqué et cet élève m'a donné une véritable leçon que ne suis pas prêt d'oublier. Cette histoire m'a surtout appris à être humble.

     

           


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  •               Le deuxième jour du bac, je me suis arrêté pour alimenter mon mobile. J'étais surpris. Il y avait foule dans la petite pièce, surtout des jeunes filles et garçons. J'ai attendu mais comme  la patience n'est pas mon fort, je suis reparti. Avant de quitter le stationnement, une jeune fille me barrait la route, elle tenait à la main un paquet de feuilles. J'ai deviné de quoi il s'agissait, mais curieux comme je suis je lui ai demandée ce que c'était. Des photos copies du sujet du bac, a - t-elle répondit sans lever la tête. Je lui ai demandée alors pourquoi faire. Elle m'a regardé droit dans les yeux, sans gène, sans honte,aucune, froidement,  elle m'a jeté sur le visage " c'est pour le copiage".  Un garçon était à coté m'a dit avec un air insolent " ya alhadj, tu viens d'une autre planète ? C'est comme ça que ça se passe et pas autrement". Ils devaient penser que je n'étais pas normal. Je suis resté un moment à réfléchir. En fait qui de nous  n'est pas normal ? Qu'est ce qu'on a fait du bac ? "Le copiage" a été normalisé, banalisé, c'est devenu quelque chose de normal. Tout le monde ou presque triche aujourd'hui, me dira un ami. Heureusement  qu'il y a ce "presque". Sinon ? Eh ben, on aura des bataillons de tricheurs. Et pour permettre aux honnêtes  gens de faire la distinction,  le médecin, l'ingénieur, le prof, le juriste qui n'a pas triché devrait écrire sur une petite pancarte  «moi je n'ai pas triché».


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  •         Il y a quelques jours j'ai assisté à un "cours" présenté  dans le cadre d'une journée pédagogique interne du lycée. Il s'agit de la compréhension d'un texte. Pendant toute la leçon, le prof parlait, posait des questions y répondait et portait au tableau ses réponses. En somme, il avait réussi un chef d’œuvre : un tableau rempli à fond avec des couleurs partout et des élèves présents-absents. Il a tout fait sauf de l'apprentissage. Il a tout fait lui-même et pour lui-même. Pourtant, cet enseignant était loin d’être un bleu. Il devait avoir plus de 15 ans de métier. A la fin, tout le monde s'est retrouvé dans la salle des profs pour discuter du cours. Le prof était assis et sirotait un café, il était essoufflé le pauvre. Comme j'étais juste un invité, j'ai tenu à ne rien dire. Alors, le prof responsable a pris la parole et la discussion est allée bon train. A un moment donné, on a demandé mon avis, j'ai préféré posé une question au prof qui a fait la leçon ou le cours ? En tout cas, et du moins pour moi, c'est vraiment très loin d'un exercice de langue " quel en a été votre objectif?" Sans aucune gêne, il m'a répondu " la compréhension du texte". Il doit avoir vraiment compris, lui, ce texte. Et comme une question entraine une autre j'ai enchainé avec " qu'est ce que vous venez de faire, là , devant nous ? " J'ai du poser la question qu'il ne fallait pas. Il avait l'air de me dire à question bête, réponse plus bête. " Mais un cours monsieur une leçon".

           En réalité, ce monsieur n'a rien fait que de s'expliquer le texte à lui même. Qu'est ce que les élèves ont appris ? Rien. Absolument rien. En effet, pour qu'ils apprennent, il faudrait qu'ils mettent la main dans la pâte. C'est à eux de parler et d'écrire pas au prof, ce dernier doit seulement les guider.

            Par pitié, chers enseignants, faites beaucoup d'apprentissage et peu d'enseignement et au risque de me répéter, je vous dis quand vous voulez parler mettez votre main devant la bouche, et quand vous voulez écrire, retenez votre main. C'est assez rigolo mais c'est très signifiant. Sachez aussi que le processus d'apprentissage est assez long, soyez patient et puis vous n'allez pas leur apprendre une langue en une séance.

     


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  • Dans ce billet je voudrais parler du projet didactique, c'est à dire du travail de recherche que nous sommes sensés demander à nos élèves. Tout d'abord, je dois répondre à tous les détracteurs de l'enseignant, ceux qui n'ont jamais enseigné et qui n’arrêtent pas de critiquer le moulamem. A ceux -là je dis simplement que le prof a des contraintes. Pour commencer, il a un

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