• Je ne peux être qu'enseignant   A la fin de chaque séance, je me sentais à coté de la plaque. Je l'ai dit à monsieur l'inspecteur de français. Il m'a répondu que j'étais perfectionniste. J'étais insatisfait de ce que je faisais en classe. Je cherchais à faire mieux. Chaque fois que je terminais une préparation, je pensais que c'était le top. Quelques heures après, je me demandais comment j'ai pu préparer une horreur pareille. J'en parlais avec mes collègues. Certains rigolaient, d'autres essayaient de me consoler mais j'étais sur qu'ils pensaient que quelque chose en moi ne tournait pas  rond. A la fin, j'ai compris au moins deux choses. C'est grâce à ce doute continuel qui m'habitait que j'ai toujours progressé. Sans lui, j'aurai régressé. Puis, j'ai appris que je ne peux être qu'enseignant.

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  •          J'attends la traduction   Dans mes débuts, et comme je n'avais pas d'expérience, je pensais toujours que la traduction en classe doit être strictement interdite et qu'on ne doit pas parler en arabe. "La langue maternelle bloque l’apprentissage de la langue cible" nous dit on. Donc interdiction absolue de parler en arabe. Quelques années plus tard, je me suis aperçu que certains mots ou certaines phrases bloqués la situation d'apprentissage et qu'au lieu de tourner en rond , il fallait les traduire et continuer. Et cela marchait pas mal. Parfois je devais lancer ce que j'appelais des " bouées de sauvetage", je traduisais dans la langue maternelle et j'ai remarqué que les élèves étaient plus intéressés et apprenaient plus vite. Pendant cette période, j'ai eu la visite d'un inspecteur de français du secondaire. Il m'a fait remarquer que je ne devais plus parler en arabe . J'ai continué dans ma lancée, je ne traduisais jamais tout, seulement certains éléments, des mots clés qui facilitent l'apprentissage. La traduction doit être utilisée quand on en a besoin. Il ne faut en aucun cas, que la classe de français se transforme en cours d'arabe surtout ne suivait pas ce collègue qui m'a confié qu'il parlait tellement en arabe en classe qu'il ne sait plus quelle langue il enseignait. Les élèves ne doivent pas compter  que sur cet outil pour comprendre et apprendre. Et pour finir, il faut éviter qu'un élève à qui l'on demande s'il a compris il répond non mais c'est pas grave " j'attends la traduction".

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  •     Vous n'êtes pas meilleur que moi, Monsieur !   Quand j'étais enseignant, au début de ma carrière, je me croyais le bout du monde. Je ne faisais pas très attention à ce que je faisais en classe. Je m'acharnais surtout à appliquer les directives officielles et je croyais que j'étais dans le mille. J'aimais beaucoup faire rire mes élèves. C'est une bonne chose me diriez vous. Certes, mais il ne faut pas exagérer. J'avais acquis au fil des ans, de bonnes habitudes et d'autres moins bonnes voire mauvaises. Je vais parler d'une mauvaise habitude que j'ai contactée. Pendant, les différentes activités de classe, j'insistais à créer de l'ambiance alors chaque fois qu'un élève criait quelque chose qui n'avait rien à voir avec l'exercice, je me moquais de lui, j'imitais grossièrement sa voix. Ça faisait rire les élèves qui ne demandaient pas mieux. Au cours de l'exercice certains élèves lançaient exprès un mot pour me faire réagir. Entendons nous bien; je ne me moquais jamais au grand jamais des élèves qui étaient dans l'exercice mais de certains qui étaient ailleurs. J'ai certainement bloqué quelques élèves.

            Ce matin, du coté de la CASORAL, j'ai rencontré un de mes élèves, c'est un jeune homme maintenant, cet ancien élève, un jour, il avait marre de mes moqueries qui ne le faisaient pas rire, m'avait remis poliment à ma place, en me ripostant " vous n’êtes pas meilleur que moi monsieur".

          Depuis cet incident que je considère comme un heureux incident pour moi parce qu'il m'a ouvert les yeux, je ne me suis plus jamais moqué de personne. Je me suis excusé à toute la classe. Je leur ai expliqué que nous commettons tous des erreurs ou même des fautes dans la vie et que nul n'est parfait. Une fille nous a récité le Hadith du prophète salla allah alihi wa salam " tous les êtres humains sont des pêcheurs et que le meilleur des pêcheurs est celui qui se repent."

          Donc, il n'a y aucune honte à se repentir, à se corriger. C'est une vertu que d’être attentif à ce qui se passe autour de soi, surtout pour un enseignant et  d'avoir continuellement le souci de s’améliorer.

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  •        " Echauffer la classe Une ficelle" comme l'a appelée Laghouati que je remercie pour ses encouragements.

         Quand j'enseignais encore, j'utilisais parfois, au début de mon exercice, un virelangue ( casse langue) une locution à caractère ludique et qui renferme des difficultés de prononciation telle que " Tonton ton thé t'a t - il ôté ta toux" ou encore " qu'a bu l’âne au bout du quai, l’âne a bu l'eau". Je lançais la phrase sans rien dire. D'abord ça fait rire les élèves et ils se demandent ce que je raconte. Puis, ils me demandent de répéter alors je m’exécute. Dans la joie et dans le rire, ils tentent de la répéter. L'ambiance est telle que je dois les calmer. Ce n'est pas un exercice proprement dit, son objectif est d'échauffer les élèves. Il ne doit prendre que quelques minutes. Pour que cet échauffement soit bénéfique, il est nécessaire et obligatoire de ne pas faire de coupure avec l'activité prévue. Il ne faut pas que les élèves lâchent prise. La transition est primordiale et doit bien se passer sinon vous avez permis à vos élèves de rigoler un coup et c'est tout.

        Quelques propositions de virelangue :

    •  As-tu vu le vert ver allant vers le verre en verre vert ?
    •  Ces six chauds chocolats-ci sont-ils aussi chauds?
    •  Blés brûlaient, brûlent les blés.
    •  Il était une fois,
      Une marchande de foie,
      Qui vendait du foie,
      Dans la ville de Foix.
      Elle se dit ma foi,
      C’est la première fois
      Et la dernière fois,
      Que je vends du foie,
      Dans la ville de Foix.

     

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  •          Une bonne leçon En 1961, j'avais neuf ans, j'étais au CE1, cours élémentaire 1, à l'école Larbi Tebbessi du Schettet El Gharbi.  Des camarades de classe avaient introduit des noyaux de dattes dans la serrure de la porte de la classe. Vous imaginez pourquoi. Alors Madame Guys, notre institutrice, ne pouvant  ouvrir la porte, elle a appelé le directeur Monsieur Vianc. Il est venu et il n'a rien dit sur le moment. Il a démonté la serrure. Une fois en classe, il est venu, avec un calme déconcertant,  nous dire que ce mardi après midi, comme tous les mardis, il y avait un film à l'école. Un film western avec beaucoup de chevaux et que tous les élèves le verront sauf nous. Un élève "culotté" lui demanda si on lui donnait le coupable, est ce qu'on pourrait voir le film. Alors le directeur nous a dit qu'on ne corrige pas une faute par une autre car trahir un camarade ce n'est pas une bonne solution. Le mardi arrivé, nous avions de l'espoir de voir le film mais en vain. On était en classe et on entendait à coté les coups de feu et les cris des écoliers.

           Ce fait nous a responsabilisé car il n'était pas question de faire une bêtise qui nous priverait d'un film. On avait bien appris la leçon.

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  •         Un séminaire pas comme les autres  Le 12 mai 2007, j'ai participé à un  séminaire de français au lycée Hadj-Aissa Aboubakeur Laghouat dont la thème était "mise en marche du programme de la 3ème année secondaire", sous la direction de monsieur l'inspecteur de français Salah TOURECHE, actuellement en retraite. Pendant deux jours, nous avons travaillé par groupe le thème indiqué. Il y a eu une synthèse à la fin. Cela se passe pratiquement de la même manière dans chaque séminaire. J'ai assisté a beaucoup de séminaires. Ils se ressemblent tous.

         Mais pourquoi ce titre? Et pourquoi ce séminaire?

        Eh ben! Il a une particularité. Une excursion au menu. Une visite des professeurs de français à la Zaouia Tidjania. "Une sortie pédagogique et culturelle" comme l'a appelée monsieur l'inspecteur. J'ai passé 36 ans à assister à des réunions de travail avec différents inspecteurs et aucun n'a eu l'idée de faire ce que monsieur Tourèche a fait. C'est pas grand chose me diriez vous? Peut être mais ce "c'est pas grand chose" signifie, du moins pour moi, avoir de l'estime et du respect vis à vis des enseignants.

            A la fin de la sortie, il nous a remis un CD qui contient en plus de la vidéo de la sortie, le programme de la 3ème année secondaire et les travaux du séminaire.

             Merci monsieur Tourèche.

    Un séminaire pas comme les autres

    Photo du Ksar de Kourdane, Laghouat.

    Source : http://www.vitaminech.com

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  •            Papa c'est toi qui apprendJ'ai toujours cherché à impliquer mon fils dans ce qu'il apprenait dans la vie. Je lui ai inculqué cette idée à un tel point où chaque fois que je lui apprenais quelque chose il me disait de le laisser chercher car c'est lui qui apprenait. Et il avait bien raison. Il  était encore enfant. Je l'ai pratiquement accompagné dans son parcours scolaire. Une fois à l'université,et comme il utilise convenablement l'outil informatique, comme tous les jeunes d'ailleurs,parfois, et dans beaucoup de cas, j'ai besoin de lui pour tel ou tel point alors il me dit, très respectueusement, avec un large sourire:" papa, je ne peux pas le faire à ta place c'est toi qui apprend."

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  •           A vous d'en juger Je vous propose trois situations que j'ai vécues et à vous de porter un jugement.  

     

           Un garçon est allé voir l'Imam de la mosquée Oussama, Oasis Nord, pour lui avouer qu'il craignait que le prof d'éducation physique, lors du bac sport, connaissant son père, lui donne une note qu'il ne mérite pas, et qu'elle va influencer le résultat final du bac.

            Un surveillant du bac a "offert" le corrigé du sujet aux candidats. Et comme il n'y a pas que des fraudeurs dans la vie, hamdoullah, une fille a refusé "le cadeau" de cet enseignant et lui a rappelé le hadith du prophète ( que la paix et le salut soit sur lui) " من غشنا فليس منا" celui qui nous trompe n'est pas des nôtres.

         Un père incite sa fille à tricher au bac. Pour l'encourager, il lui fait des scanners qui sont , d'après lui une aide pour elle. Quand sa fille lui a dit que c'est hram, péché. Il a répondu que tout le monde le fait.

     

                                                    

     

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  • Vision des choses           En 1996,  on était en stage en France. Deux participants, un algérien et un français ont raté le car qui nous a emmené en excursion, un samedi. Le lundi matin, on s'est retrouvé dans le centre pour continuer la formation. On a demandé à notre ami algérien pourquoi il n'était pas venu avec nous, lors de l'excursion. Il avait répondu que le bus ne l'avait pas attendu. La même question a été posée au français qui a répondu qu'il était arrivé en retard. Drôle de vision des choses n'est ce pas? 

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  •                                       A Re- méditer    Une autre gifle

            ça c'est chez eux ( en France)

                  J'ai vu dans une chaine française, une scène très significative. Une vieille femme attendait son petit fils qui passait un examen. Deux hommes se sont approchés d'elle et lui ont  proposé de  lui vendre le sujet de maths avec le corrigé. Elle les a bien regardés, elle leur a demandé de répéter  pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas puis elle serra le bras de l'homme le plus près d'elle et se mit à hurler " police! police! A moi!". "Madame c'est  la caméra cachée, on rigole c'est tout" crièrent les deux hommes. Se calmant un peu, elle lança une phrase, une gifle oui : " on ne rigole pas avec l'avenir de la France".

              ça c'est chez nous ( Algérie)

                    Devant le collège où était affiché le résultat du BEM, un homme était fou de rage.  Il criait, gesticulait, écumait. Il était dans tous ses états. Je me suis renseigné. On m'a dit qu'il s'agit d'un directeur d'un CEM qui a obtenu des résultats catastrophiques dans l'examen cité en haut. Imaginez pourquoi. La raison de sa colère se résume en une phrase qu'il n'avait pas honte de crier : " c'est la faute des surveillants de l’examen qui n'ont pas laissé nos enfants copier".

               

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